L’AFLEC a repris son cycle de conférences pour cette nouvelle saison avec l’intervention de Christian Chasles sur le Changement Climatique à venir.
Christian Chasles est professeur agrégé retraité de Sciences de la vie et de la Terre, qui a enseigné pendant 25 ans au lycée Ambroise-Paré de Laval et anime des conférences sur les sciences et leur histoire.

Une quarantaine de personnes a assistée avec intérêt à cette conférence sur le changement climatique à venir et ses conséquences à l’échelle globale et régionale, les questions n’ont pas manquées à la fin de la présentation.
Un remerciement aux personnes de l’association LMF de Laval, que nous avons connus au cours de notre voyage à Cracovie, pour leur venue à cette conférence.

En voici un résumé très complet qui est disponible au format PDF en téléchargement à la fin du texte.
Le changement climatique actuel
1 . Une prise de conscience scientifique.

A la fin du 19èmesiècle, certains scientifiques envisageaient déjà que les rejets anthropiques de gaz à effet de serre puissent provoquer un réchauffement global. Il faudra cependant attendre la fin du 20ème siècle pour qu’un consensus scientifique mondial s’établisse, s’appuyant sur des décennies de mesures et de modélisation du système climatique. Au niveau politique comme à l’échelle du citoyen, de nombreuses difficultés liées entre autres à une méconnaissance des données scientifiques doivent être surmontées pour accepter la réalité du changement climatique et agir pour y faire face.
Outre l’effet de serre, l’albedo (rapport entre énergie réfléchie et énergie incidente) concourt également au réchauffement du fait de la fonte des glaces.
2 . Des conséquences sur les océans.
| Le changement climatique agit sur de nombreux facteurs physico chimiques du domaine océanique : – Une augmentation de la température de +1 à +4 degrés en 2100 selon les scenarii établis. – Une augmentation rapide de la vitesse de fonte des calottes polaires surtout en arctique. – Une augmentation des « vagues de chaleur » renforçant la fréquence et l’intensité des cyclones. – Une augmentation de l’acidité par l’accroissement d’acide carbonique (excès de CO2). – Une élévation du niveau marin pouvant aller jusqu’à 1m en 2100. – Une modification de la circulation des courants (AMOC) – Une diminution du taux d’oxygène. |
3 . Des conséquences sur les continents.
| Outre la remontée des températures, les écosystèmes continentaux sont affectés sur de nombreux points. – Un accroissement sensible des journées chaudes avec des épisodes caniculaires intenses et plus nombreux. – Une désertification accentuée. – Des sécheresses marquées faisant suite à des épisodes pluvieux provoquant des inondations. – Des submersions marines. – Un recul du trait de côte provoquant des flux migratoires. – Une fonte accélérée des pergélisols. – Une fonte rapide des glaciers terrestres. – Des incendies plus nombreux et plus violents. |

4 . Des conséquences sur la biodiversité.
| Le réchauffement est reconnu comme une cause aggravante de l’effondrement actuel de la biodiversité dû aux activités humaines. Le réchauffement influence directement la physiologie des organismes et perturbe leurs capacités à se reproduire et à se développer, ce qui réduit les effectifs des populations et dégrade leur état sanitaire. Certaines espèces migrent vers les régions plus favorables, modifiant leur répartition à la surface du globe. Elles deviennent des espèces invasives. |
5 . Des conséquences sur la santé humaine
| L’être humain est concerné par le changement climatique, qui aggrave certaines pathologies, nous expose à des phénomènes climatiques extrêmes et à de nouveaux agents pathogènes. Le fonctionnement des agrosystèmes est ainsi affecté : si l’augmentation de la teneur en dioxyde de carbone favorise la productivité, cette dernière est menacée par la sécheresse, la désertification et la montée du niveau marin, par la diffusion de pathogènes et de ravageurs des cultures. En conséquence, le réchauffement global dégrade la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale. |
6 . Une nécessaire mobilisation collective et individuelle
| Les nations se réunissent chaque année (COP) et s’appuient sur les rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) pour proposer différentes stratégies d’atténuation du changement climatique. Ces dernières visent à réduire les émissions de GES ou à absorber le CO2 atmosphérique. Selon le GIEC, il est impératif de limiter le réchauffement à 2°C par rapport à 1850, ce qui impose une réduction des émissions de GES de 20% d’ici 2030 et leur arrêt total en 2075. Compte tenu de l’inertie climatique et des engagements actuels de réduction, les modèles climatiques prévoient un réchauffement de 3 à 4 °C d’ici 2100. Il est donc nécessaire d’envisager des stratégies d’adaptation de l’échelle internationale jusqu’à celle du citoyen. |
7 . Contributions et impacts dans les pays de la Loire

| Par ses caractéristiques, le changement climatique confronte les Pays de la Loire à une situation particulièrement complexe. Le changement climatique impose de mener de front une politique d’atténuation pour contribuer à la lutte globale contre l’effet de serre et une politique d’atténuation ajustée à ses impacts locaux. Dans tous les cas, il est important de prendre la mesure de l’interaction entre, d’une part le territoire des Pays de la Loire et sa contribution à l’effet de serre, et d’autre part, les évolutions climatiques globales et leurs répercussions dans la région. L’environnement naturel ligérien désigne à la fois un atout économique pour la région et sa sensibilité aux variations climatiques. Déjà, 40% des poissons, 30 % des oiseaux et amphibiens et 24 % de la flore se trouvent menacés d’extinction. Au vu de ses impacts sur le climat et la biodiversité, l’étalement urbain constitue un enjeu critique pour l’avenir de la région. Dans les Pays de la Loire, 86 % des eaux superficielles risquent de ne pas atteindre le bon état en 2027. Sans réduction massive des GES, la région comptera 95 jours de chaleur par an avant 2100. Quel que soit le scénario, le niveau de la mer continuera de s’élever sur le littoral ligérien d’ici à la fin du siècle. Depuis vingt ans, les terres artificialisées dans la région ont globalement progressé deux fois plus vite que la population. On remarque que la Mayenne est le département dont les émissions de GES sont les plus élevées à l’échelle de la région devant la Loire-Atlantique, la Vendée, le Maine-et-Loire et la Sarthe. Un écart qu’il convient d’associer à l’implantation de la cimenterie Lafarge – Holcim dans le département, mais aussi à son usage, important, de combustibles minéraux solides. Le transport routier (surtout les voitures particulières) pour 26% et l’agriculture (28%) sont les activités qui sont les plus émettrices en CO2. Une nécessaire réflexion est nécessaire pour réduire ces émissions. Le reboisement par la plantation des haies bocagères contribue à augmenter la capture et le stockage du CO2. |
Fichier PDF du résumé de la conférence de Christian Chasles ci-dessous.


